Arrêté du 25 avril 2006 relatif au constat de risque d'exposition au plomb
Le ministre de l'emploi, de la
cohésion sociale et du logement et le ministre de la santé et
des solidarités,
Vu la directive 98/34 /CE du Parlement européen et du Conseil du
22 juin 1998 prévoyant une procédure d'information dans le
domaine des normes et réglementations techniques et des règles
relatives aux services de la société de l'information, et
notamment la notification no 2005/0567 ;
Vu le code de la santé publique, notamment les articles L. 1334-5 à L.
1334-10 et R. 1334-10 à R. 1334-12,
Arrêtent :
Article 1
Le protocole du constat de risque d'exposition au plomb
mentionné à l'article R. 1334-10 du code de la santé publique
est défini en annexe 1 du présent arrêté.
Article 2
Les mesures de concentration en plomb des revêtements sont
réalisées pour chaque unité de diagnostic. Une unité de
diagnostic est définie comme étant un élément de construction,
ou un ensemble d'éléments de construction, présentant a priori
un recouvrement homogène.
Les mesures de plomb sont effectuées avec un appareil portable
à fluorescence X capable d'analyser au moins la raie K du
spectre de fluorescence émis en réponse par le plomb.
A titre exceptionnel, l'auteur du constat tel que défini à l'article
R. 1334-11 du code de la santé publique peut recourir à des
prélèvements de revêtements qui seront analysés en
laboratoire, dans les cas suivants :
- lorsque la nature du support (forte rugosité, surface non
plane, etc.) ou le difficile accès aux éléments de
construction à analyser ne permet pas l'utilisation de l'appareil
portable à fluorescence X ;
- lorsque, pour une unité de diagnostic donnée, aucune mesure n'est
concluante au regard de la précision de l'appareil ;
- lorsque, dans un même local, au moins une mesure est
supérieure au seuil de 1 milligramme par centimètre carré (1
mg/cm²), mais aucune mesure n'est supérieure à 2 mg/cm².
Les méthodes de mesure du plomb sont détaillées en annexe 2 du
présent arrêté.
Article 3
Un revêtement contient du plomb si l'une des conditions
suivantes est vérifiée pour au moins une des mesures
réalisées sur ce revêtement :
- en l'absence d'analyse chimique, la concentration surfacique en
plomb total mesurée à l'aide d'un appareil portable à
fluorescence X est supérieure ou égale à 1 milligramme par
centimètre carré (1 mg/cm²) ;
- quel que soit le résultat de l'analyse par fluorescence X, la
concentration massique en plomb acido-soluble mesurée en
laboratoire est supérieure ou égale à 1,5 milligramme par
gramme (1,5 mg/g).
Article 4
Le contenu de la notice d'information mentionnée à l'article L.
1334-5 du code de la santé publique est conforme à l'annexe 3
du présent arrêté.
Article 5
Si un revêtement contenant du plomb est dégradé, les
dispositions de l'article L. 1334-9 du code de la santé publique
sont reproduites dans le rapport.
Article 6
Si le constat identifie au moins un facteur de dégradation du
bâti, tel que défini en annexe 4 du présent arrêté, son
auteur transmet immédiatement une copie du rapport à la
préfecture du département d'implantation du bien expertisé.
Article 7
L'arrêté du 12 juillet 1999 fixant le modèle de la note d'information
à joindre à un état des risques d'accessibilité au plomb
révélant la présence de revêtements contenant du plomb pris
pour l'application de l'article R. 32-12 du code de la santé
publique est abrogé.
Article 8
Le directeur général de l'urbanisme, de l'habitat et de la
construction et le directeur général de la santé sont chargés,
chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent
arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la République
française.
Fait à Paris, le 25 avril 2006.
Le ministre de la santé et des solidarités,
Xavier Bertrand
Le ministre de l'emploi,
de la cohésion sociale et du logement,
Jean-Louis Borloo
A N N E X E 1 PROTOCOLE DE RÉALISATION D'UN CONSTAT DE RISQUE
D'EXPOSITION AU PLOMB - Rappel du cadre réglementaire et des
objectifs du CREP
Le constat de risque d'exposition au plomb (CREP), défini à l'article
L. 1334-5 du code de la santé publique, consiste à mesurer la
concentration en plomb de tous les revêtements du bien concerné,
afin d'identifier ceux contenant du plomb, qu'ils soient
dégradés ou non, à décrire leur état de conservation et à
repérer, le cas échéant, les facteurs de dégradation du bâti
permettant d'identifier les situations d'insalubrité.
Les résultats du CREP doivent permettre de connaître non
seulement le risque immédiat lié à la présence de
revêtements dégradés contenant du plomb (qui génèrent
spontanément des poussières ou des écailles pouvant être
ingérées par un enfant), mais aussi le risque potentiel lié à
la présence de revêtements en bon état contenant du plomb (encore
non accessible).
Quand le CREP est réalisé en application des articles L. 1334-6
et L. 1334-7, il porte uniquement sur les revêtements privatifs
d'un logement, y compris les revêtements extérieurs au logement
(volet, portail, grille, etc.).
Quand le CREP est réalisé en application de l'article L. 1334-8,
seuls les revêtements des parties communes sont concernés (sans
omettre, par exemple, la partie extérieure de la porte palière,
etc.).
La recherche de canalisations en plomb ne fait pas partie du
champ d'application du CREP.
Si le bien immobilier concerné est affecté en partie à des
usages autres que l'habitation, le CREP ne porte que sur les
parties affectées à l'habitation. Dans les locaux annexes de l'habitation,
le CREP porte sur ceux qui sont destinés à un usage courant,
tels que la buanderie.
1. Calibrage de l'appareil à fluorescence X
Avant chaque constat, l'auteur procède au calibrage de son
appareil selon les modalités fournies par le fabricant de l'appareil.
2. Identification du bien objet de la mission
L'auteur identifie le bien objet de la mission, ainsi que l'ensemble
immobilier auquel il appartient. En cas d'ambiguïté, il
réalise un croquis afin de situer le bien dans cet ensemble.
Il indique si le constat est réalisé en parties communes ou en
parties privatives.
Il consigne les renseignements suivants, qu'il se fait préciser,
ou, à défaut, le motif pour lequel il n'en a pas connaissance :
Dans le cas d'un CREP réalisé en parties privatives :
1. Si le constat est réalisé avant vente ou avant mise en
location ;
2. Si les parties privatives sont occupées ;
3. Dans le cas où les parties privatives sont occupées, s'il y
a des enfants mineurs dont des enfants de moins de six ans ;
Dans le cas d'un CREP réalisé en parties communes : si le
constat est réalisé avant travaux.
3. Identification des locaux
3.1. Définition
Par local, on entend toute pièce (salle de séjour, toilettes,
etc.) et par extension : couloir, hall d'entrée, palier, partie
de cage d'escalier située entre deux paliers, appentis, placard,
etc. Le local est désigné selon une appellation non équivoque
et non susceptible d'évoluer dans le temps. Le nom d'usage peut
s'avérer insuffisant.
3.2. Méthode
L'auteur du constat effectue une visite exhaustive des locaux du
bien objet de la mission. Il dresse la liste détaillée des
locaux visités. Si des locaux n'ont pas été visités, il en
dresse aussi la liste et précise les raisons pour lesquelles ils
n'ont pas été visités.
Il réalise un croquis lisible de l'ensemble des locaux du bien
objet de la mission, visités ou non, et reporte sur le croquis
le nom de chaque local.
4. Identification des zones
Afin de faciliter la localisation des mesures, l'auteur du
constat divise chaque local en plusieurs zones, auxquelles il
attribue arbitrairement une lettre (A, B, C...) et reporte ces
lettres sur le croquis. Ces zones correspondent généralement
aux différentes faces du local.
5. Identification des revêtements
Par revêtement, on entend un matériau mince recouvrant les
éléments de construction. Les revêtements susceptibles de
contenir du plomb sont principalement les peintures (du fait de l'utilisation
ancienne de la céruse et celle de produits anti-corrosion à
base de minium de plomb), les vernis, les revêtements muraux
composés d'une feuille de plomb contrecollée sur du papier à
peindre, le plomb laminé servant à l'étanchéité de balcons.
Bien que pouvant être relativement épais, les enduits sont
aussi à considérer comme des revêtements susceptibles de
contenir du plomb.
D'autres revêtements ne sont pas susceptibles de contenir du
plomb : toile de verre, moquette, tissus, crépi, papier peint,
ainsi que les peintures et enduits manifestement récents, mais
ils peuvent masquer un autre revêtement contenant du plomb et
sont donc à analyser.
Les revêtements de type carrelage contiennent souvent du plomb,
mais ils ne sont pas visés par le présent arrêté car ce plomb
n'est pas accessible.
6. Identification des unités de diagnostic
Dans chaque local, toutes les surfaces susceptibles d'avoir un
revêtement contenant du plomb sont analysées ou incluses dans
une unité de diagnostic à analyser, telle que définie à l'article
2 du présent arrêté. Cela comprend aussi les surfaces
recouvertes d'un matériau mince non susceptible de contenir du
plomb (papier peint, toile de verre, moquette murale, etc.), car
un matériau contenant du plomb peut exister en dessous.
Pour chaque zone, l'auteur du constat dresse la liste des unités
de diagnostic, recouvertes ou non d'un revêtement. Il identifie
chaque unité de diagnostic par son nom complet, auquel il
associe si nécessaire la lettre de la zone correspondante, ce
qui permet de mieux situer chaque unité de diagnostic dans l'espace.
Par exemple, le mur de la zone A sera désigné par « mur A ».
L'auteur identifie le substrat de l'unité de diagnostic par
examen visuel et en fonction des caractéristiques physiques du
matériau. Par substrat, on entend un matériau sur lequel un
revêtement est appliqué (plâtre, bois, brique, métal, etc.).
En application de l'article 2 du présent arrêté, constituent
des unités de diagnostic distinctes :
- les différents murs d'une même pièce ;
- des éléments de construction de substrats différents (tels
qu'un pan de bois et le reste de la paroi murale à laquelle il
appartient) ;
- les côtés extérieur et intérieur d'un élément mobile (tel
qu'une fenêtre) ;
- des éléments situés dans des locaux différents, même
contigus (tels que les 2 faces d'une porte car elles ont pu être
peintes par des peintures différentes).
Par ailleurs, si des habitudes locales de construction ou de mise
en peinture sont connues, l'auteur du constat en tient compte
pour une définition plus précise des unités de diagnostic.
Ainsi, en général, on ne regroupera pas dans une même unité
de diagnostic une allège sous fenêtre et la paroi murale à
laquelle elle appartient. En effet, dans certains types de
construction l'allège a été peinte avec la fenêtre mais pas
le reste de la paroi murale.
7. Cas particulier d'une cage d'escalier
Une cage d'escalier est découpée en plusieurs locaux. Sont
considérés comme locaux distincts :
- chaque palier ;
- chaque partie de cage d'escalier située entre deux paliers.
En vue d'assurer la cohérence de ce découpage, le hall d'entrée
pourra être assimilé au palier du rez-de-chaussée.
Dans un même « local » (partie de cage d'escalier), sont aussi
considérés comme unités de diagnostic distinctes :
- l'ensemble des marches ;
- l'ensemble des contremarches ;
- l'ensemble des balustres ;
- le limon ;
- la crémaillère ;
- la main courante ;
- le plafond.
8. Choix des points de mesure
Pour chaque unité de diagnostic recouverte d'un revêtement, l'auteur
du constat effectue, selon les modalités de mesure prévues à l'annexe
2
- 1 seule mesure si celle-ci montre la présence de plomb à une
concentration supérieure ou égale au seuil de 1 milligramme par
centimètre carré (1 mg/cm²) ;
- 2 mesures si la première ne montre pas la présence de plomb
à une concentration supérieure ou égale au seuil de 1
milligramme par centimètre carré (1 mg/cm²) ;
- 3 mesures si les deux premières ne montrent pas la présence
de plomb à une concentration supérieure ou égale au seuil de 1
milligramme par centimètre carré (1 mg/cm²), mais que des
unités de diagnostic du même type ont été mesurées avec une
concentration en plomb supérieure ou égale à ce seuil.
Dans le cas où plusieurs mesures sont effectuées sur une unité
de diagnostic, elles sont réalisées à des endroits différents
pour minimiser le risque de faux négatifs. Par exemple, si l'unité
de diagnostic est une paroi murale, une mesure est effectuée en
partie haute et l'autre en partie basse.
Les mesures sont réalisées aux endroits où la probabilité de
rencontrer du plomb est la plus forte. On évitera par exemple de
choisir comme point de mesure une surface de peinture dégradée,
le plomb ayant pu disparaître à cet endroit précis ; les
mesures seront donc plutôt réalisées sur une partie saine de l'unité
de diagnostic.
Lorsqu'à l'évidence, l'unité de diagnostic n'est recouverte d'aucun
revêtement, la recherche de plomb n'est pas nécessaire. Il en
sera de même en présence de carrelages ou de faïences.
L'ensemble des mesures est récapitulé dans un tableau. En l'absence
de mesures, la raison pour laquelle la mesure n'a pas été
effectuée est indiquée dans le tableau (hauteur de l'unité de
diagnostic à mesurer supérieure à 3 mètres, absence de
revêtement, par exemple).
9. Description de l'état de conservation
des revêtements contenant du plomb
L'état de conservation des revêtements contenant du plomb est
décrit par la nature des dégradations observées.
Pour décrire l'état de conservation d'un revêtement contenant
du plomb, l'auteur du constat a le choix entre les 4 catégories
suivantes :
- non visible : si le revêtement contenant du plomb (peinture
par exemple) est manifestement situé en dessous d'un revêtement
sans plomb (papier peint par exemple), la description de l'état
de conservation de cette peinture peut ne pas être possible ;
- non dégradé ;
- état d'usage, c'est-à-dire présence de dégradations d'usage
couramment rencontrées dans un bien régulièrement entretenu (usure
par friction, traces de chocs, microfissures...) : ces
dégradations ne génèrent pas spontanément des poussières ou
des écailles ;
- dégradé, c'est-à-dire présence de dégradations
caractéristiques d'un défaut d'entretien ou de désordres liés
au bâti, qui génèrent spontanément des poussières ou des
écailles (pulvérulence, écaillage, cloquage, fissures,
faïençage, traces de grattage, lézardes).
Pour les revêtements faisant l'objet de prélèvements, les
résultats de l'analyse chimique en laboratoire seront connus
seulement après la visite. Par conséquent, la description de
leur état de conservation est systématique lors de la visite.
10. Classement des unités de diagnostic
L'auteur du constat classe de 0 à 3 chaque unité de diagnostic
recouverte d'un revêtement en fonction de la concentration en
plomb et de la nature des dégradations, conformément au tableau
suivant :
Vous pouvez consulter le tableau dans le JO
n° 98 du 26/04/2006 texte numéro 52
11. Rapport et conclusions
Le constat est constitué par le rapport complet de l'inspection.
Les pages du rapport sont numérotées et les annexes font
parties intégrantes du rapport (y compris la notice d'information).
En aucun cas, il ne sera rédigé de résumé du rapport ou d'attestation
de présence ou d'absence de plomb.
Figurent dans le rapport :
- la liste complète des documents constituant le rapport,
annexes comprises, et le nombre total de pages ;
- l'identification et les coordonnées du commanditaire du
constat ;
- l'identification et les coordonnées de l'organisme chargé de
la mission, l'identification de l'auteur du constat et sa
signature ;
- les références du contrat d'assurance de l'organisme chargé
de la mission ;
- la ou les dates du constat et la date du rapport ;
- l'adresse, la localisation du bien immobilier objet de la
mission et le croquis établi, le cas échéant ;
- les circonstances et le champ de la mission, l'état d'occupation
du bien ;
- la liste détaillée des locaux visités et non visités, et la
raison pour laquelle un local n'a pas été visité ;
- le ou les croquis des locaux mentionnant leur affectation ;
- l'identification des zones de chaque local ;
- le modèle d'appareil à fluorescence X utilisé et son numéro
de série, ainsi que, pour les appareils équipés d'une source
radioactive, la date de chargement de la source dans l'appareil,
la nature du radionucléide et son activité à la date de
chargement de la source ;
- les coordonnées du laboratoire d'analyses et la méthode d'analyse
employée par ce laboratoire, le cas échéant ;
- pour chaque local, un tableau récapitulatif sur le modèle des
exemples in fine ; en l'absence de mesures, la raison pour
laquelle la mesure n'a pas été effectuée sera indiquée dans
la colonne « Observations » du tableau (ex. : hauteur de l'unité
de diagnostic à mesurer supérieure à 3 mètres, absence de
revêtement, etc.) ;
- le cas échéant, les facteurs de dégradation du bâti
relevés et l'appréciation sur l'état général du bien objet
de la mission ; la liste des facteurs de dégradation du bâti
est fixée en annexe 4 ;
- les éventuels commentaires ;
- le cas échéant, la reproduction des dispositions de l'article
L. 1334-9 du code de la santé publique.
Il rappelle en conclusion le nombre total d'unités de diagnostic
et le pourcentage respectif des unités de diagnostic de classe 0,
de classe 1, de classe 2 et de classe 3 par rapport au nombre
total d'unités de diagnostic.
S'il existe au moins une unité de diagnostic de classes 1 et 2,
l'auteur du constat rappelle au propriétaire l'intérêt de
veiller à l'entretien des revêtements les recouvrant, afin d'éviter
leur dégradation future.
S'il existe au moins une unité de diagnostic de classe 3, l'auteur
du constat rappelle au propriétaire l'obligation d'effectuer les
travaux appropriés pour supprimer l'exposition au plomb et l'obligation
de communiquer le constat aux occupants de l'immeuble ou de la
partie d'immeuble concernée et à toute personne physique ou
morale appelée à effectuer des travaux dans cet immeuble ou
partie d'immeuble. Cette communication consiste à transmettre
une copie complète du constat, annexes comprises.
A N N E X E 2 - MÉTHODES DE MESURE DU PLOMB
Les mesures de plomb dans les revêtements sont effectuées avec
un appareil portable à fluorescence X capable d'analyser la raie
K du spectre de fluorescence émis en réponse par le plomb. A
titre exceptionnel, l'auteur du constat peut recourir à des
prélèvements de revêtements qui seront analysés en
laboratoire dans les circonstances définies plus loin.
1. Mesures par fluorescence X
La nécessité d'une connaissance exhaustive de la présence ou
de l'absence de plomb dans les revêtements du bien expertisé
oblige à réaliser un nombre important d'analyses. Les appareils
portables à fluorescence X permettent de les réaliser
rapidement. Ils donnent à l'auteur du constat une connaissance
immédiate du résultat qui peut lui permettre d'optimiser le
nombre de points de mesure. C'est une méthode non destructive,
qui évite la dissémination de poussières de plomb
éventuellement liée au prélèvement. Par ailleurs, la
fluorescence X avec analyse de la raie K permet de déceler un
revêtement contenant du plomb présent sous un autre revêtement
tel qu'un papier peint ou une moquette murale. Les résultats
sont exprimés en milligrammes par centimètre carré (mg/cm²).
La distribution, la détention et l'utilisation des appareils à
fluorescence X équipés d'une source radioactive sont soumises
aux obligations réglementaires prises en application de l'article
L. 1333-4 du code de la santé publique.
Les appareils à fluorescence X sont utilisés selon la
méthodologie préconisée par leurs fabricants et dans les
limites de leur précision.
L'auteur du constat doit être capable de mesurer la
concentration en plomb du revêtement d'une unité de diagnostic
située jusqu'à 3 mètres de hauteur. S'il existe des unités de
diagnostic situées à une hauteur supérieure à 3 mètres, des
dispositions particulières devront être prises entre le
commanditaire et le réalisateur du CREP, en conformité avec la
réglementation du travail.
Lorsque la différence entre la valeur mesurée et le seuil de 1
mg/cm² est inférieure à la valeur de la précision de l'appareil,
la mesure est classée comme « non concluante ». Elle sera
renouvelée sur un autre point de l'unité de diagnostic
analysée. A défaut, il pourra être pratiqué un prélèvement
pour analyse chimique.
La valeur retenue pour une unité de diagnostic donnée sera la
valeur mesurée la plus élevée, sous réserve d'écarter les
valeurs aberrantes.
Nota. - L'utilisation de tests colorimétriques de terrain n'est
pas admise pour la réalisation du CREP. En effet, il s'agit de
méthodes qualitatives, ne répondant pas à l'exigence de mesure
de la concentration en plomb mentionnée à l'article R. 1334-10
du code de la santé publique. La non-détection de plomb par un
test colorimétrique ne garantit pas que la concentration en
plomb soit effectivement inférieure aux seuils réglementaires.
2. Analyses chimiques
L'analyse du plomb acido-soluble est une méthode qui consiste à
simuler la solubilisation du plomb dans l'estomac. Elle donne une
meilleure évaluation de la toxicité d'une peinture ou d'un
enduit que l'analyse du plomb total par fluorescence X. Toutefois,
le prélèvement d'un échantillon provoque une dégradation de
la surface échantillonnée ; c'est pourquoi il convient de le
limiter aux cas exceptionnels.
Les résultats sont exprimés en milligrammes par gramme (mg/g).
2.1. Prélèvement d'échantillons
Le prélèvement est réalisé sur une surface suffisante pour
que le laboratoire dispose d'un échantillon permettant l'analyse
dans de bonnes conditions (prélèvement minimal de 1 x 1 cm et 1
gramme). S'il s'agit de peinture, l'ensemble des couches doit
être prélevé, en veillant à inclure la couche la plus
profonde. On évitera le prélèvement du substrat (plâtre, bois,
etc.) qui risque d'avoir pour effet de diluer la concentration en
plomb de l'échantillon.
Le prélèvement doit être fait avec les précautions
nécessaires pour éviter la dissémination de poussières.
2.2. Détermination de la concentration massique
en plomb acido-soluble
L'analyse chimique comprend une phase de dissolution du plomb et
une phase de dosage. Des protocoles différents peuvent être
utilisés à condition qu'ils donnent des résultats similaires
et qu'ils aient été validés.
2.2.1. Préparation de l'échantillon (peinture, enduit,...)
L'échantillon (300 à 500 mg) est débarrassé des corps
étrangers (plâtre, bois,...), puis broyé dans un mortier. Il
est homogénéisé, puis passé au tamis de 0,5 mm pour analyse.
2.2.2. Extraction du plomb acido-soluble
Cette méthode a pour objectif de simuler la solubilisation dans
le suc gastrique.
Une prise d'essai de 100 à 200 mg de l'échantillon tamisé est
mise dans un flaconnage en matériau exempt de plomb de 150 mL,
puis l'on ajoute 25 mL de solution d'acide chlorhydrique à 0,07
mol/L. Le tout est mis au bain-marie à 37° C pendant une heure.
Après repos et décantation, on filtre sur filtre papier de type
Durieux à 6 µm et l'on met en fiole jaugée pour dosage.
2.2.3. Dosage
Le dosage du plomb sur les solutions préparées peut être
effectué selon différentes techniques détaillées dans les
normes suivantes :
- NF T 30-211 ; ou
- NF EN ISO 11-885 (indice de classement NF T 90-136) ; ou
- FDT 90-112.
A N N E X E 3 - NOTICE D'INFORMATION
Si le logement que vous vendez, achetez ou louez comporte des
revêtements contenant du plomb, sachez que le plomb est
dangereux pour la santé.
Deux documents vous informent :
- le constat de risque d'exposition au plomb vous permet de
localiser précisément ces revêtements : lisez-le attentivement
!
- la présente notice d'information résume ce que vous devez
savoir pour éviter l'exposition au plomb dans ce logement.
Les effets du plomb sur la santé
L'ingestion ou l'inhalation de plomb est toxique. Elle provoque
des effets réversibles (anémie, troubles digestifs) ou
irréversibles (atteinte du système nerveux, baisse du quotient
intellectuel, etc.). Une fois dans l'organisme, le plomb est
stocké, notamment dans les os, d'où il peut être libéré dans
le sang, des années ou même des dizaines d'années plus tard. L'intoxication
chronique par le plomb, appelée saturnisme, est
particulièrement grave chez le jeune enfant. Les femmes en âge
de procréer doivent également se protéger car, pendant la
grossesse, le plomb peut traverser le placenta et contaminer le
foetus.
Les mesures de prévention en présence de revêtements contenant
du plomb
Des peintures fortement chargées en plomb (céruse) ont été
couramment utilisées jusque vers 1950. Ces peintures, souvent
recouvertes par d'autres revêtements depuis, peuvent être
dégradées à cause de l'humidité, à la suite d'un choc, par
grattage ou à l'occasion de travaux : les écailles et les
poussières ainsi libérées constituent alors une source d'intoxication.
Ces peintures représentent le principal risque d'exposition au
plomb dans l'habitation.
Le plomb contenu dans les peintures ne présente pas de risque
tant qu'elles sont en bon état ou inaccessibles. En revanche, le
risque apparaît dès qu'elles s'écaillent ou se dégradent.
Dans ce cas, votre enfant peut s'intoxiquer :
- s'il porte à la bouche des écailles de peinture contenant du
plomb ;
- s'il se trouve dans une pièce contaminée par des poussières
contenant du plomb ;
- s'il reste à proximité de travaux dégageant des poussières
contenant du plomb.
Le plomb en feuille contenu dans certains papiers peints (posés
parfois sur les parties humides des murs) n'est dangereux qu'en
cas d'ingestion de fragments de papier. Le plomb laminé des
balcons et rebords extérieurs de fenêtre n'est dangereux que si
l'enfant a accès à ces surfaces, y porte la bouche ou suce ses
doigts après les avoir touchées.
Pour éviter que votre enfant ne s'intoxique :
- surveillez l'état des peintures et effectuez les menues
réparations qui s'imposent sans attendre qu'elles s'aggravent ;
- luttez contre l'humidité, qui favorise la dégradation des
peintures ;
- évitez le risque d'accumulation des poussières : ne posez pas
de moquette dans les pièces où l'enfant joue, nettoyez souvent
le sol, les rebords de fenêtres avec une serpillière humide ;
- veillez à ce que votre enfant n'ait pas accès à des
peintures dégradées, à des papiers peints contenant une
feuille de plomb, ou à du plomb laminé (balcons, rebords
extérieurs de fenêtres) ; lavez ses mains, ses jouets.
En cas de travaux portant sur des revêtements contenant du plomb,
prenez des précautions :
- si vous confiez les travaux à une entreprise, remettez-lui une
copie du constat du risque d'exposition au plomb, afin qu'elle
mette en oeuvre les mesures de prévention adéquates ;
- tenez les jeunes enfants éloignés du logement pendant toute
la durée des travaux ; avant tout retour d'un enfant après
travaux, les locaux doivent avoir été parfaitement nettoyés ;
- si vous réalisez les travaux vous-même, prenez soin d'éviter
la dissémination de poussières contaminées dans tout le
logement et éventuellement le voisinage.
Si vous êtes enceinte :
- ne réalisez jamais vous-même des travaux portant sur des
revêtements contenant du plomb ;
- éloignez-vous de tous travaux portant sur des revêtements
contenant du plomb.
Si vous craignez qu'il existe un risque pour votre santé ou
celle de votre enfant, parlez-en à votre médecin (généraliste,
pédiatre, médecin de protection maternelle et infantile,
médecin scolaire) qui prescrira, s'il le juge utile, un dosage
de plomb dans le sang (plombémie). Des informations sur la
prévention du saturnisme peuvent être obtenues auprès des
directions départementales de l'équipement ou des directions
départementales des affaires sanitaires et sociales, ou sur les
sites internet des ministères chargés de la santé et du
logement.
A N N E X E 4 - FACTEURS DE DÉGRADATION DU BÂTI
Les facteurs de dégradation du bâti à prendre en compte par l'auteur
du constat de risque d'exposition au plomb sont les suivants :
1. Au moins un local parmi les locaux objets du constat présente
au moins 50 % d'unités de diagnostic de classe 3 ;
2. L'ensemble des locaux objets du constat présente au moins 20
% d'unités de diagnostic de classe 3 ;
3. Les locaux objets du constat présentent au moins un plancher
ou plafond menaçant de s'effondrer ou en tout ou partie
effondré ;
4. Les locaux objets du constat présentent des traces
importantes de coulures ou de ruissellement ou d'écoulement d'eau
sur plusieurs unités de diagnostic d'une même pièce ;
5. Les locaux objets du constat présentent plusieurs unités de
diagnostic d'une même pièce recouverts de moisissures ou de
nombreuses taches d'humidité